• Matthieu Julian

Quelques éclairages à propos de la phobie

La phobie est une peur spécifique, intense, dont le stimulus est projeté à l’extérieur et fixé à certaines situations ou certains êtres déterminés. La névrose phobique se caractérise par une personnalité dite phobique (proche de la personnalité hystérique), et par une manière particulière de gérer l’angoisse. L’angoisse est liée à des conflits intrapsychiques, non résolus, déplacés et projetés vers un objet extérieur.



Comment en plus être phobique ?


Une étude de Burns en 1980 dit que 7% de la population connait une névrose phobique et seulement 2 à 3% demande un traitement. Une étude plus récente affirme que 5 à 13% de la population connait ce trouble. L’âge moyen du début de la symptomatologie est l’adolescence. L’agoraphobie débute en moyenne vers 28 ans. Les femmes seraient 1.7 fois plus atteintes que les hommes. La plupart des enfants connaissent des états phobiques mais ils n’ont pas de caractère fiable, à l’exception des phobies scolaires. Il y a donc des différences inter-sexes et intergénérationnelles.


Quel que soit le type de symptôme, il y un stimulus, un facteur déclenchant bien connu, bien défini et reconnu, redouté par le patient. Dans le cas des phobies typiques, le stimulus est à l’extérieur, localisable dans le temps et dans l’espace.

En présence de l’objet, la réaction est spécialisée, il se produit une crise d’angoisse. Les patients qui souffrent de symptômes phobiques et qui sont dans cette situation évoquent un danger, une sensation de « crise cardiaque ». La peur est palpable physiquement (vertiges, gènes respiratoires).


Les phobies de situation sont les plus fréquentes et les seules qui soient caractéristiques de la névrose phobique de l’adulte. Dans ces phobies de situation, il y a l’agoraphobie qui peut débuter à l’adolescence et se manifester vers la trentaine à cause de facteurs précipitant qui mettent en place le symptôme. L’agoraphobie est la phobie des espaces vides, d’une certaines étendue (peur des rues, des ponts, des salles vides). L’agoraphobe délimite son espace de sécurité rapidement, périmètre qu’il ne peut pas dépasser en présence d’un autrui rassurant et contenant.  On peut citer aussi la claustrophobie, il s’agit de la peur des espaces fermés, de la peur de se retrouver dans un espace clos.


La phobie sociale met en avant une peur de la situation sociale/groupale. Les patients ont peur lorsqu’ils sont soumis au regard d’autrui, à l’attention d’autrui. Il y a la peur d’agir en conséquence et ces patients évoquent la crainte d’être critiqués, jugés, dévalorisés (peur de parler, d’écrire, de répondre au téléphone, peur lors d’un examen, de manger, de transpirer, de trembler, etc.).


La phobie simple est une peur isolée à une seule situation. On classe ici la phobie du sang, du dentiste, des petits animaux, le vertige, le noir, la peur des couteaux, des orages.


Les phobies d’impulsions sont presque toujours des impulsions de type hétéro et/ou auto-agressif. Dans ces phobies, il y a la peur de faire du mal (manifestation sous forme de pensée), la peur d’avoir envie de mourir, de la mort, de se défenestrer (surtout la femme), peur d’avoir envie de se suicider, peur d’avoir envie de se faire du mal avec une arme à feu ou une arme blanche (homme).  En général, une personne chère ou un cadre familial spécial, est souvent suffisant pour mettre un terme à ces phobies d’impulsions.


L’éreutophobie est la crainte de rougir en public. On rencontre ce symptôme chez les femmes et surtout chez les jeunes adultes. Il y a aussi la nosophobie qui est la crainte d’avoir une maladie grave (cancer, leucémie, maladie mentale). Dans la plupart des cas, la nosophobie n’est pas en lien avec la névrose phobique mais peut être une névrose d’angoisse (patients qui ont des difficultés d’organisation, qui ont une manière de résoudre les conflits qui n’emprunte pas la voie du symbolisme mais est sous forme d’angoisse toute simple). Il ne faut pas confondre avec l’hypocondrie ou les sujets sont persuadés d’avoir une maladie. On peut rencontrer aussi la dysmorphophobie qui concerne la crainte obsédante d’une modification corporelle (comme la peur d’avoir un « vilain nez » ce qui justifie beaucoup d’interventions chirurgicales).


Les conduites phobiques

Les conduites d’évitement : 
Il s’agit de l’évitement des situations phobogènes. C’est un comportement net dans les phobies de situations comme quand par exemple l’agoraphobe suit un chemin bien établi, quand le claustrophobe évite de prendre l’ascenseur. Ces comportements sont moins nets dans les conduites d’impulsion ou le patient ne peut pas s’empêcher de « flirter » avec l’objet. L’inhibition est en lien profond avec les conduites d’évitement. En effet, les objets phobogènes vont avoir tendance à prendre de plus en plus de place dans les activités quotidiennes. L’inhibition psychoaffective et sexuelle est fréquente (difficultés à envisager quelque chose de nouveau, l’inconnu devient familier, et tout objet nouveau vient mettre en péril la stabilité).

Les conduites de réassurance : Le familier, l’habituel est rassurant. Les objets matériels, un proche, suffisent à rendre se qui est angoissant comme relativement sécurisant. Après un certain temps, les conduites de réassurance peuvent être plus symboliques (mettre en place des gestes ou des formules) et plus précisément dans les phobies limites.

Les conduites contre-phobiques : 
Paradoxalement, ici, le phobique affronte la situation, sa peur et sa phobie. Ainsi, celui qui a peur du vide pourrait être pilote d’avion. Il y a une confrontation permanente à l’objet.

Si vous avez une question, pour une urgence ou pour demander une prise en charge psychologique, vous pouvez contacter Monsieur Matthieu Julian au 07 83 81 67 04 qui reçoit à son cabinet situé dans la ville de Saint-Germain-en-Laye.
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