• Matthieu Julian

Le moi et le ça

Mis à jour : 16 mai 2019


Peur de la foule, pourquoi ?

Psychologie des masses et analyse du moi (1921) fait partie d’un ensemble d’essais ayant permis à Freud d’élaborer sa deuxième topique. Ce texte précisément s’intéresse au fonctionnement d’agrégats humains appelés foules/masses. C’est dans une espèce de psychologie du social que Freud tente d’expliquer les facteurs qui sont à l’origine de la modification du comportement et de la vie psychique d’un individu lorsque celui-ci entre dans une foule. C’est le postulat selon lequel une masse est capable d’influencer le fonctionnement de l’individu. C’est de ce postulat que Freud pose sa problématique : Qu’est- ce qu’une foule, d’où tire t-elle sa capacité à influencer de façon significative la vie psychique de l’individu et en quoi consiste la modification que la masse impose à l’individu ?


Pour répondre à cette question et c’est en cela que ce texte annonce la deuxième topique, Freud aborde plusieurs concepts : l’amour, la contagion mentale et le transfert, le rapport entre conscient-inconscient et refoulement, l’inhibition, la pulsion grégaire et la masse/foule, l’hypnose et la suggestion, l’identification et donc Idéal du moi, idéalisation, la libido, le narcissisme, la pulsion grégaire. Freud pose les hypothèses suivantes :


(1) Il n’y a pas d’opposition entre psychologie individuelle et psychologie sociale, une psychologie individuelle est d’emblée et simultanément sociale ;

(2) La foule se forme pour atteindre un but ;

(3) La foule a une existence propre, elle est indépendante : Un individu, quand il est dans une masse, se comporte de manière différente que s’il était hors de la foule ;

(4) Le lien libidinal à d’autres personnes est le seul moyen de limiter les élans narcissiques de l’individu ;

(5) Le moi se compose de deux éléments différenciés : le moi et l’idéal du moi ;

(6) Il y a une tendance naturelle au rassemblement et à l’identification, il parle d’instinct et de pulsion grégaire ;

(7) La forme originaire de la société est celle d’une horde soumise à la domination.


La foule s’organise autour de deux axes renvoyant à deux types de liens (au sens libidinal) : un axe vertical représentant le lien entre le meneur et chaque membre (lien de type hypnotique) et un axe horizontal représentant les liens réciproques entre les membres (lien identificatoire).


Dans L’organisation génitale infantile (1923), Freud fait un retour sur les Trois essais sur la théorie sexuelle (1905). Il affirme l’importance des organes génitaux et de l’activité génitale pendant cette période. Cependant, ce qui différencierait l’organisation génitale infantile de l’organisation adulte, c’est qu’un seul organe jouerait un rôle, le phallus : « Il n’existe donc pas un primat du génital, mais un primat du phallus » (p. 306). En disant qu’il n’y a pas de primat du génital (c’est-à-dire une connaissance des organes génitaux réels, comme le vagin), Freud explique comment l’individu fonctionne et se construit au départ sur de l’imaginaire (le phallus comme organe unique, imaginaire, pour les deux sexes).

«Il me semble seulement qu’on ne peut prendre en compte exactement la significativité du complexe de castration que si l’on prend conjointement en considération son apparition à la phase du primat du phallus » (p. 308).

À partir d'une lecture de : FREUD, S. (2010). Psychologie des masses, Le moi et le ça et Autres textes : 1921-1923. In Œuvres complètes en psychanalyse, Tome XVI. Paris, PUF.
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