• Matthieu Julian

L’éthique de la psychanalyse


C'est quoi l'éthique en psychanalyse ?

Dans ce séminaire, Lacan va reprendre les travaux de Freud suivants : Au-delà du principe de plaisir (1920), Malaise dans la civilisation (1930) et Totem et tabou (1913). Il va s’intéresser – comme d’habitude – aux impasses freudiennes – mais surtout au paradoxe que celui-ci avait mis en avant : l’être ne veut pas quitter ses symptômes ni guérir. C’est d’ailleurs assez intéressant la manière qu’il a de décrire la chose : chaque être, qui pourtant à l’air de chercher son plaisir et son bien, rencontre une limite, la limite du désir où le « secret du principe de plaisir » (à la fois désirable et interdit). Cet « au-delà » semble être le centre de ce séminaire, un au-delà cependant qui n’a pas l’air de s’opposer au principe de plaisir. Ce secret du principe de plaisir se dédoublerait entre, d’une part ce qui est organisé par les lois du langage et qui est en phase avec le principe de plaisir, et d’autre part avec cet « au-delà », cet Autre absolu que Lacan désigne « la Chose » (Das Ding) et qu’il articule à la question du réel (à côté du symbolique et de l’imaginaire), ce réel qui s’oppose à la réalité et qui se veut être évité ou contourné.


L’éthique – qui n’est pas la morale, son pendant social – s’articule au réel et désigne pour l’être ce qu’il en est de son plus grand bien et de son plus grand mal, de sa jouissance, et donc de son rapport au désir.


Il est question de la frontière du désir, là où le plaisir de transforme en souffrance. C’est ce qui est à l’origine du lien entre le symptôme qui fait l’objet de la plainte et le fantasme où l’être cache le scénario de sa jouissance intime. Pour arracher le désir à la sphère du besoin, et lui rendre son statut d’au-delà, Lacan propose la psychanalyse comme seule voie pour l’être (associée au désire du psychanalyste). Les héros tragiques, comme Œdipe ou Antigone, incarnent ce qu’il en va de cet être qui désir, un être qui dépasse les limites mais qui accepte d’en payer le prix.


Cela signifie que le désir n’est pas réductible au besoin, à l’utile ou encore au possible, mais il est un champ d’action de la loi commune qui n’accède à l’éthique personnelle qu’en se frottant à un impossible, à ce qu’est pour chacun « la Chose », cette jouissance inconnue mais puissante et qui alimente – voire oriente – le désir, sous l’ombre de l’objet. Ce noyau, ce nœud tragique de la jouissance qui emprisonne le désir, ne peut se dénouer qu’en cédant à la castration, qu’en payant la dette.


À partir d'une lecture de :

LACAN, J. (1986). L'éthique de la psychanalyse, 1959-1960. Le Séminaire, Livre VII. Paris, Éditions du Seuil.

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