• Matthieu Julian

L’homme Moïse - Abrégé de psychanalyse [Freud]



Quelle est la durée d'une psychanalyse ?

L’analyse finie et l’analyse infinie (1937) est un texte intéressant parce que Freud y pose la question de la fin d’une psychanalyse. Est-ce que certaines se terminent et d’autres non, est-ce qu’il existe une fin à une psychanalyse ou est-ce qu’elle s’inscrit dans une possible continuité infinie ? Au-delà de cette interrogation, Freud se place dans la suite de son œuvre et de ses théorisations qui visent aussi à comprendre ce qui peut faire qu’une cure peut se poursuivre ou au contraire relever les éléments qui peuvent la mettre en danger, voire l’arrêter.


Une psychanalyse doit ou peut-elle se terminer ?


C’est une question intéressante parce que cela invite à réfléchir à la fois à la limite d’une cure et à ses objectifs concrets pour le psychanalysant. Cette question est toujours importante aujourd’hui, premièrement pour la bonne direction d’une cure, deuxièmement par rapport à notre position au R.P.H et enfin pour pouvoir répondre aux débats sociaux-économiques sur la durée d’une cure. Il est intéressant que ce texte soit écrit dans les derniers temps du travail de Freud, là où il est important pour lui d’organiser une suite à son œuvre en formant des psychanalystes, et là où la psychanalyse est plus que jamais attaquée.


En effet, cet article est très lié à la question de « temps » dans la cure mais aussi à ce qui fait « fin » de cure. Est-ce le psychanalyste ? Est-ce le patient ? Est-ce un constat effectué à deux ?


La fin d’une cure peut avoir lieu lorsque les symptômes ont disparu, quels qu’ils soient et que l’être ne souffre plus. On peut déjà entrevoir dans la première partie de l’article d’autres réponses, comme celle selon laquelle il faudrait pouvoir constater une modification de l’économie psychique et du moi (avec ses mécanismes de défense). Puis progressivement, Freud parle des traumatismes et de la nécessité qu’ils trouvent une résolution. Ce constat d’apaisement, de résolution, de modification psychique donne rapidement naissance à deux autres énigmes : Les effets de la cure sont-ils durables ou est-ce qu’il peut y avoir rechute ? Faut-il s’occuper des conflits psychiques ou des symptômes qui ne font pas souffrir consciemment ?


Construction dans l’analyse (1937) repose sur le principe freudien d’un psychanalyste sachant, qui interprète. Il se propose de donner des pistes pour juger de l’effet de l’interprétation sur le patient ou des réactions qu’elles produisent (comme l’accord ou le désaccord). Le mot « construction » semble désigner une exigence pour le psychanalyste à ne proposer une interprétation qu’au moment où il est assez confiant de son analyse, une exigence de patience. En effet, Freud explique que la construction d’une analyse, d’une interprétation, à partir des éléments du discours, peut prendre du temps. C’est intéressant cependant, pour notre pratique actuelle, de se dire qu’il y a un moment pour intervenir, pour pointer et pour suspendre : un moment qui apparaît dans le discours du psychanalysant.


Cet article est intéressant dans la suite du précédent, car la deuxième partie de l’écrit pose la question de ce qui prouve que le psychanalyste « ne fait pas fausse route », « ne compromet pas la réussite de la cure ». La réponse de Freud est qu’une construction/une interprétation fausse laisse indifférent le patient, qu’une interprétation « réussie » déclenche de la dénégation ou du déplaisir (en bref, déclenche les résistances).


Le clivage du moi dans le processus de défense (1938) est un examen du processus de clivage du moi (Spaltung, théorisée depuis les travaux sur l’hystérie, au départ en parlant de dissociation) en tant que processus de défense. Freud tente d’expliquer comment se produisent les clivages dans la pensée. Il justifie leur apparition en parlant d’une double réaction subjective à l’angoisse de castration, à la fois une reconnaissance et à la fois un déni. En effet, le moi de l’enfant qui est habitué à satisfaire les demandes du Ça, se trouve soudainement invité à renoncer à la satisfaction avec la reconnaissance du réel ou à dénier le danger. Le clivage apparaît lorsqu’il y a naissance d’un compromis permettant de tenir les deux positions.

Abrégé de psychanalyse (1938) est presque un rapport des théorisations de Freud, une sorte de bilan, de compte-rendu du travail effectué. Il développe les principales thèses psychanalytiques à partir de l’idée même « d’appareil psychique ». Freud reprend ses théories sexuelles, les processus psychiques primaires et secondaires, les différents complexes (castration, Œdipe), le travail du rêve, le transfert et les résistances, la libido.
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