• Matthieu Julian

Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique & Écrits techniques [Freud]


Les écrits techniques de Freud

Dans Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique (1914), Freud souhaite rappeler – presque avant toute chose – qu’il est le créateur de la psychanalyse, malgré les désaccords, l’augmentation du nombre de psychanalystes, ou encore malgré les différentes directions prises par certains de ceux avec qui il avait travaillé (notamment Breuer, Jung, etc.). Il précise d’ailleurs que ce qui lui permet de dire cela, c’est bien que les critiques et les mécontentements adressés à l’encontre de la psychanalyse lui sont directement adressés. C’est comme cela qu’il commence son article, en précisant les sources de la psychanalyse (les travaux avec Breuer étant présentés comme le terreau précieux de ses recherches), mais en disant que sa conception n’est devenue « psychanalyse » à proprement dite seulement à partir de son indépendantisation des conceptions breueriennes sur l’hypnose et la méthode cathartique. Pour cela, « la psychanalyse est toujours incontestablement mon œuvre » (p. 250) dit-il avec fermeté.


Il est alors intéressant de voir comment Freud entreprend de définir la psychanalyse, pas forcément en faisant un travail de définition, mais en développant ses supports conceptuels et en la distinguant de ce qui ne peut pas être considéré comme un procédé psychanalytique.


Il parle alors d’abord du refoulement comme « pilier sur lequel repose l’édifice de la psychanalyse » (p. 258), mais aussi comme premier point de différentiation fondamental d’avec l’hypnose, justement en considérant la place de la résistance/de la répétition dans le travail : « [Lors de l’analyse d’un névrosé] on se trouve alors ressentir une résistance qui s’oppose au travail analytique et met en avant un déficit du souvenir pour rendre vain ce travail. Cette résistance, l’utilisation de l’hypnose ne peut que la recouvrir ; c’est pourquoi l’histoire de la psychanalyse proprement dite ne commence qu’avec l’innovation technique qu’est le renoncement à l’hypnose » (p. 258).


En effet – selon lui – à côté du refoulement, ce sont les faits de résistance et de transfert qui signeraient un cadre psychanalytique. De cette manière, Freud balaie de nombreuses critiques, de nombreuses appropriations de son travail, pour limiter l’utilisation de la terminologie « psychanalyse » : « Toute orientation de recherche qui reconnaît ces deux faits et les prend comme points de départ de son travail a le droit de s’appeler psychanalyse, même si elle aboutit à d’autres résultats que les miens. Mais celui qui s’attaque à d’autres aspects du problème et s’écarte de ces deux présupposés échappera difficilement au reproche d’atteinte à la propriété par tentative de contrefaçon, s’il persiste à s’appeler psychanalyste » (p. 259).


C’est dans un dernier temps qu’il va proposer un compte-rendu précis de l’évolution de la psychanalyse, comme technique d’élucidation de la névrose, d’abord au niveau théorique (travail sur l’hystérie, sur le rêve, sur la sexualité infantile, etc.), ensuite dans son évolution sociale (créations des associations/réunions/sociétés officielles), enfin dans son histoire scientifique (l’histoire des congrès par exemple).


À partir d'une lecture de :

FREUD, S. (2005). Contribution à l’histoire du mouvement psychanalytique et Écrits techniques : 1913-1914. In Œuvres complètes en psychanalyse, Tome XII. Paris, PUF.

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