• Matthieu Julian

Les travaux psychanalytiques de Freud entre 1911-1913

Mis à jour : 16 mai 2019


Suppléments à l’interprétation du rêve (1911) est un écrit qui vient rappeler la complexité du travail du rêve à un niveau symbolique. Même si Freud tente de théoriser des règles générales, il montre à quel point il est possible de se retrouver face à une complexité particulière lorsqu’il s’agit de l’interprétation du rêve et de la compréhension de son contenu sexuel.


Ensuite, dans Formulation sur les deux principes de l’advenir psychique (1911), Freud admet l’existence d’un principe de réalité et d’un principe de plaisir-déplaisir, comme deux régulateurs de la vie psychique. Si les deux principes sont étroitement liés à des processus primaires, cette théorie est importante dans son élaboration car elle lui permet d’illustrer à la fois les conflits qui naissent autour des pulsions sexuelles et la manière que peut avoir le psychisme de les traiter en recherchant satisfaction, apaisement et plaisir. Il montre comment l’un peut se substituer à l’autre et comment la vie animique s’organise autour du refoulement, de la culpabilité et du rapport entre réalité et plaisir.


Avec Sur la dynamique du transfert (1911), Freud propose une étude spécifique sur la question du transfert, de sa naissance aux conditions de son utilité.


En le plaçant au centre du travail psychanalytique, il explique en quoi il s’agit de l’artère déterminante d’une cure, tout en étant aussi le lieu de la résistance la plus solide : « Ce qui semble être à première vue un gigantesque inconvénient méthodologique de la psychanalyse, c’est que le transfert, par ailleurs le levier le plus puissant du succès, se transforme ici en un moyen de résistance, le plus fort de tous » (p. 109).


Le concept de transfert peut être abordé sous des angles différents, mais je trouve intéressant la manière qu’il a de le lier à la libido et aux imagos parentales nécessairement réactualisées et revivifiées sur une autre personne, ici sur le patricien. Il s’agit alors de penser l’expérience analytique comme un moment de régression, indispensable pour régler les conflits inconscients. C’est dans ce texte aussi qu’il tente de distinguer un transfert « positif » d’un transfert « négatif ». Cette distinction lui permet de tenter une compréhension de la double appartenance du transfert (à la fois comme moteur et comme frein de la cure) : « La solution de l’énigme est donc que le transfert sur le médecin ne se prête à la résistance dans la cure que dans la mesure où il est un transfert négatif, ou un transfert positif de motions érotiques refoulées » (p. 114).


Des types d’entrée dans la maladie névrotique (1912) est une nouvelle tentative d’expliciter la genèse des fonctionnements névrotiques. Il distingue plusieurs natures des conflits, entre le moi et la libido, pouvant être à l’origine d’une symptomatologie névrotique, s’articulant autour de la frustration (du refusement), d’une tentative de conformisme inconciliable avec le monde interne, de l’inhibition du développement.


Le texte Conseils au médecin dans le traitement psychanalytique (1912) vise à proposer des règles techniques pour encadrer le travail du psychanalyse et de l’association libre. Il présente alors une nécessaire concentration du clinicien pour être attentif à la réalité des discours, il propose aussi l’idée de l’écoute flottante (« attention en égal suspens », p. 146). Dans ce texte, Freud explique en quoi l’oubli peut être nécessaire, ou en tout cas un composant positif et inévitable de la cure. Il invite également à tenir une distance affective avec le patient, pour rester à distance et favoriser les processus psychanalytiques, se positionnant comme une surface neutre malléable à disposition de la psyché du patient.


Totem et tabou (1912-1913) est un texte célèbre empruntant aux théories anthropologiques, se proposant de penser la place de l’interdit de l’inceste dans les groupes et dans le fonctionnement individuel. Il développe donc une étude autour de la naissance des tabous et tente d’expliquer la fonction que peuvent prendre les totems dans les sociétés primitives. Il construit son discours en plusieurs temps, se questionnant sur « l’universalité » de l’interdit de l’inceste, sur les processus d’identifications symboliques et mettant aussi en avant la question de l’ambivalence libidinale et sexuelle. Enfin, il met en relation le complexe d’œdipe, le meurtre du père et le concept de « horde primitive ».


À partir d'une lecture de :

FREUD, S. (1998). Totem et tabou, Rêve dans le folklore, Formulations sur les deux principes, Sur la dynamique du transfert et Autres textes: 1911-1913. In Œuvres complètes en psychanalyse, Tome XI. Paris, PUF.

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