• Matthieu Julian

Les formations de l’inconscient


Interpreter un lapsus

Dans ce séminaire, Lacan cherche à trouver quel est l’élément commun aux formations de l’inconscient et les positionne au centre du fonctionnement structurel de la psyché.  Il commence par reprendre les travaux de Freud sur Le mot d’esprit et sa relation à l’inconscient (1905), ce qui lui permet de confirmer sa thèse selon laquelle le langage n’a pas seulement une fonction de communication mais qu’il est aussi en lien avec le monde des signifiants et qu’il est à penser avec la fonction du grand Autre. Lacan continue ensuite son développement sur la castration (entre le 8/1 et le 12/2/1958) et l’articule au signifiant du phallus, ce qui lui permet d’introduire le clivage du désir et de la jouissance (entre le 5/3 et le 23/4/1958). Enfin, en reprenant les travaux freudiens sur l’interprétation des rêves, Lacan illustre la dialectique entre demande et désir dans la névrose (entre le 30/4 et le 2/7/1958).


Le mot d’esprit vient compenser l’insuffisance du langage à dire le désir. Alors, il y a un point structurel commun entre le mot d’esprit et le complexe d’œdipe : l’être est touché par le désir mais n’arrive pas à l’articuler, à véritablement le signifier à cause du bouleversement de ce désir par le signifiant. C’est de cela qu’il s’agit dans la clinique de l’hystérie et de l’obsessionnel, subverti par le signifiant, le désir n’est jamais exprimé et prend donc la valeur d’un indicible. L’Autre devient alors le lieu où se situe le désir tout en étant une structure qui empêche sa réalisation. Dans cette impasse, l’obsessionnel fait du désir un interdit qui nie l’Autre en tant que tel alors que l’hystérie souligne son insatisfaction et cherche dans le désir de l’Autre l’indice du sien propre.


L’avancée majeure dans ce séminaire est probablement l’introduction du concept de « jouissance » (5/3/1958), concept proposé en distinction avec celui de « désir ». La théorie de Lacan sur les formations de l’inconscient est importante car elle permet d’y situer le symptôme.


Le point qui m’a marqué dans ce séminaire c’est l’idée proposée par Lacan : ce qui fait que l’être s’éloigne du fil de son désir, c’est bien qu’il se perd dans le labyrinthe de la demande. En effet, pour Lacan, toute demande implique une aliénation aux signifiants et aux objets de l’Autre.

Le graphe du désir comporte plusieurs niveaux, figurant un grand Autre bien complexe, que l’être doit parcourir. La relation de l’enfant à l’objet primordial (relation instaurée par le circuit de la demande) qui doit être symbolisée et le moment de la reconnaissance du désir de la mère dans la dialectique phallique soutenu par le rapport du père à la loi du signifiant, jusqu’à cette limite du Nom-du-Père : voilà ce qui assure une construction œdipienne solide.


À partir d'une lecture de :

LACAN, J. (1998). Les formations de l’inconscient, 1957-1958. Le Séminaire, Livre V. Paris, Éditions du Seuil.

3 vues
  • Facebook - Grey Circle
  • Twitter - Grey Circle
  • LinkedIn - Grey Circle
  • YouTube - Grey Circle

Mentions légales
Copyright © 2019 Matthieu JULIAN. All Rights Reserved.

  • Facebook - Grey Circle
  • Twitter - Grey Circle
  • LinkedIn - Grey Circle
  • YouTube - Grey Circle

Mentions légales
Copyright © 2019 Matthieu JULIAN. All Rights Reserved.