• Matthieu Julian

Sur le rêve

Mis à jour : 16 mai 2019



Que disent les psychologues sur le rêve ?


Le travail de Freud était riche et précis, davantage que les développements précédents sur l’hystérie et son étiologie. L’ensemble partait de la démonstration qu’il y aurait à la fois un contenu manifeste et un contenu latent dans le rêve : deux contenus qui s’articuleraient autour et avec le désir, celui-ci tendant vers l’accomplissement. Il explicitait le contenu manifeste en développant qu’il s’agirait du scénario du rêve tel qu’il pouvait s’illustrer dans le souvenir mnésique, souvent absurde et confus, ne pouvant être compris que d’un point de vue symbolique. Le contenu latent, quant à lui, serait l’ensemble des pensées refoulées, inconscientes, à l’origine du rêve.


Dans sa théorisation, Freud proposait l’idée que la production onirique serait le produit de pulsions sexuelles – ou même agressives (dans un contexte oedipien pour les pulsions meurtrières) – refoulées. Ce qui était difficile dans son travail, c’est qu’il proposait un large panel d’hypothèses, de conclusions, d’exemples cliniques, et en même temps il restait dans la réserve et dans la discrétion quant à ses patients et à ses propres rêves. En effet, Freud avait très vite pris conscience que le rêve pourrait être une voie d’accès considérable pour ceux désireux de l’interpréter et de comprendre l’impact de l’inconscient sur la vie diurne. Effectivement, le travail d’élaboration du rêve permettrait de faire le lien entre le contenu manifeste et le contenu latent.


D’après moi, son discours s’articulerait autour de trois axiomes sur lesquels il put construire sa thèse, trois pendants qu’il faudrait systématiquement prendre en compte pour considérer la signification du rêve.

D’abord, la question pulsionnelle apparaissait dans son travail comme un nœud, incarnant à la fois l’origine et le destin du rêve. Selon lui, chaque individu est porteur de pulsions infantiles et sexuelles, refoulées très précocément et qui s’accumuleraient dans l’inconscient.


Ensuite, et découlant de la première considération pulsionnelle, Freud développait l’idée d’un jeu de forces, entre ces pulsions infantiles, liées à l’intime et à la sphère familiale, et l’inconscient. L’accumulation de cette pulsionnalité induirait des désirs inconscients, constamment en quête d’une existence plus réelle, au travers de la satisfaction.


Enfin, ce rapport entre désir et inconscient induisait l’idée que, ce qu’il découlait de ces deux espaces topiques dépendait grandement de la censure et de son travail – nouvel espace topique entre la conscience et l’inconscient. La censure, avec son déplacement et son travestissement, avec la condensation, expliquait la formation complexe du rêve et son apparence absurde. L’objectif principal des déplacements, des créations propres aux rêves, serait de cacher au rêveur le véritable contenu, tout en donnant au désir une certaine satisfaction. En effet, pour Freud, le rêve réaliserait un désir sexuel infantile refoulé tout en dissimulant au rêveur des pulsions inconciliables avec sa personnalité. Tout son développement préfigure une théorisation topique et autour de la psychopathologie de la vie quotidienne, qui prit naissance au cœur de ces mécanismes largement détaillés. Il met d’ors et déjà en avant toute une base théorique autour du trépied conscient-préconscient-inconscient, aussi autour du complexe d’Œdipe et des élans pulsionnels intégrateurs et structurants.


Dans son écrit, la transposition dans le rêve pouvait être comprise comme une figuration. À ce propos, Freud développait beaucoup cette idée d’une représentation métaphorique, venant mettre en images un souhait/un désir. La condensation serait le mécanisme par lequel plusieurs éléments latents se concentreraient sur un seul et même élément, pouvant avoir plusieurs sens. Autrement dit, une seule image pouvait renvoyer à plusieurs contenus latents, tout comme l’inverse était possible. Dans ce cas, Freud décrivait une certaine dispersion des éléments manifestes qui cachent un seul et même noyau inconscient. Au niveau des déplacements, il s’agissait là de démontrer comment des détails anodins pouvaient être les transporteurs de contenus latent importants, et inversement. Il défendait cette idée avec la notion d’intensité affective.


Au niveau de la technique, son développement confirme la nécessaire utilisation des associations libres pour accéder aux idées latentes, aux désirs refoulés et censurés. En effet, le rêve servirait de point de départ à la découverte du refoulé, en commentant lui-même les images restées en mémoire, le rêveur atteindrait les formations inconscientes sexuelles et infantiles. Freud défendait déjà l’idée que ce qui viendrait spontanément à l’esprit dans un fil associatif serait directement en relation avec le contenu refoulé, les résistances viendraient alors marquer cette proximité avec l’insupportable du refoulé. C’est pour cela que, pour Freud, l’association libre aurait pour objectif de contourner la censure en autorisant toutes les verbalisations.


Plusieurs questions se posent pour moi à la fin de cette lecture : Comment comprendre l’interprétation aujourd’hui, est-ce une connaissance ? Est-ce véritablement la mise à jour d’une vérité plus qu’un outil de compréhension ?

À partir d'une lecture de : FREUD, S. (1901a). Sur le rêve. Paris, Folio Essais.
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