• Matthieu Julian

L'angoisse


Pourquoi j'angoisse ?

Dans ce séminaire, Lacan s’occupe de reprendre un concept central de la théorie freudienne : l’angoisse comme destin du refoulement, signe d’un malaise psychique, aux limites du corps, qui se présente comme le sentiment de la présence d’un danger interne, danger relatif au rapport au pulsionnel et au désir.


La question qu’il se pose donc dans ces séances (entre le 14 novembre 1962 et le 3 juillet 1963) est la suivante : Comment situer l’objet de l’angoisse par rapport à l’objet pour le désir ? Il va répondre à cette question en reprenant principalement le texte freudien : Inhibition, Symptôme et Angoisse (1926).


Au départ, il tente de faire le lien entre la structure de l’angoisse et la structure du fantasme. L’angoisse est alors décrite comme le point de rencontre de tous les discours antérieurs puis Lacan articule l’angoisse dans le rapport au désir de l’Autre, entre désir et identification narcissique.


Ensuite, Lacan fait référence aux travaux de Freud qui faisaient le lien entre l’angoisse et l’inhibition (confrontation à la difficulté et à l’empêchement). Le symptôme peut s’opérer dans une dialectique de l’embarras et de l’émoi. L’angoisse est présentée comme affect des affects. L’angoisse est le signe du désir, renvoyant donc logiquement à un au-delà de l’angoisse de castration, un signe du désir qui ne trompe pas.


Lacan démontre qu’il ne faut pas se laisser leurrer par son apparente indétermination, car l’angoisse aurait bien un objet. Il dit ceci : « L’objet est sans cause, mais non pas sans objet. » (p. 360)


Cet objet est cause du désir (objet a). C’est de ce constat qu’il fait la distinction entre le passage à l’acte et l’acting out. L’angoisse est aussi pour Lacan signe du réel, il revient donc sur l’idée du « signal » d’angoisse face à l’écart entre désir et jouissance : « L’angoisse est donc terme intermédiaire entre la jouissance et le désir, en tant que c’est franchie l’angoisse, que le désir se constitue. » (p. 204)

Il termine par détailler les formes de l’objet a. Elles sont au nombre de 5 : orale, anale, phallique, scopique et vocale.


Ce séminaire est intéressant par sa relecture du concept d’angoisse. Elle est, dans le rapport au désir de l’Autre, comme un sentiment ou une sensation de l’Autre. Ce « manque du manque » marque, au-delà de la simple coupure des relations imaginaires, l’apparition du phallus à la place du manque spéculaire. Lacan fait référence au texte de L’inquiétante étrangeté (1919).


Quelques passages signifiants :

« Ce devant quoi le névrosé recule, ce n’est pas devant la castration, c’est de faire de sa castration ce qui manque à l’Autre. C’est de faire de sa castration quelque chose de positif, à savoir la garantie de la fonction de l’Autre, cet Autre qui se dérobe dans le renvoi indéfini des significations, cet Autre où le sujet ne se voit plus que destin, mais destin qui n’a pas de terme, mais destin qui se perd dans l’océan des histoires. » (p. 58)


« Ceci, pour la simple raison que le sujet ne saurait d’aucune façon être exhaustivement dans la conscience, puisqu’il est d’abord et primitivement inconscient, en raison de ceci, qu’il nous faut tenir pour antérieur à sa constitution l’incidence du signifiant » (p. 104) > Est-ce  que le sens de ce passage n’est pas d’évoquer justement le fait d’être pris malgré soi et obligatoirement dans la chaîne des signifiants à cause du fait d’être parlé avant d’être ?


« Le désir reste toujours au dernier terme désir du corps, désir du corps de l’Autre, et rien que désir de son corps. » (p. 249)


À partir d'une lecture de :

LACAN, J. L'angoisse, 1962-1963. Le Séminaire, Livre X. Paris, Éditions du Seuil.

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